Le Canigó, la montagne sacrée des catalans à faire une fois dans sa vie, voir plus si affinités….

L’heure était grave, je n’avais encore jamais grimpé le Canigou. Oui, vous avez le droit de me punir, c’est terrible comme situation. Mais, vous devez savoir que je me mettais des milliers de barrières en pensant ne pas être capable de relever ce défi. Grave erreur ! Il ne faut JAMAIS se sous-estimé. Les barrières que nous érigeons se trouvent uniquement dans nos têtes. Comme nous dit si bien un ami : « Ne te fais pas un monde de ce que tu ne connais pas ». Il est donc important de s’écouter et surtout de ne pas faire cas des performances des uns et des autres. Le Canigou, chacun le vit à sa manière. Certains vont se surpasser, d’autres reprendre confiance en soi ou même exceller au point de vouloir recommencer. Quoi qu’il arrive, ce sera une belle expérience, que ce soit la première ou la treizième fois que vous le faites 🙂 Oubliez les préjugés, et osez l’aventure du Canigó !

Ce qu’on doit savoir sur le Canigou…

  • Le Mont Canigó culmine à 2 785 mètres d’altitude. Il fait partie des plus hauts sommets des P-O. L’honneur de la première place revient au Carlit avec ses 2 921 mètres, mais le Canigou reste le chouchou emblématique du département.
  • Le Massif du Canigou a été labellisé grands sites de France.
  • En Catalan, on dit el Canigó. Ce n’est donc pas de la pâtée pour chiens. Point très important à soulever.
  • Le Canigou est la star de la St Joan, une fête nationale en Pays Catalan. Depuis 1955, la Flama del Canigó descend de son sommet puis embrase l’ensemble des feux de la St-Jean. La fête se déroule en 3 étapes et reste une des plus exceptionnelles des P-O.
  • À quelle saison faire le Canigou? entre juin et septembre, quand la neige ne montre pas le bout de son nez. Avant de partir, il est toujours important de se renseigner sur la météo et les conditions climatiques même pendant la période estivale. Nous sommes en haute montagne, il faut donc rester prudent.
  • Il est possible de faire l’ascension en une seule journée, mais pour ma part, l’ascension reste plus agréable sur deux jours. Je vous explique tout ça, ci-dessous…

L’ascension du Canigó, les différentes possibilités…

Il existe de nombreuses alternatives plus ou moins difficiles pour monter au sommet du Canigou. Voici un petit topo sur les différentes possibilités :

Pour rejoindre le Refuge des Cortalets:

Une fois au refuge des Cortalets, il faut compter environ 2 heures de marche supplémentaire pour accéder au pic. Le sentier qui relie les Cortalets au Canigou est le plus facile, vous n’aurez pas le passage de la fameuse cheminée, pour ceux qui appréhendent ce moment.

Pour rejoindre le refuge de Mariailles
  • Depuis le Col de Jou: comptez un total de 11 heures aller/retour jusqu’au Canigou.
  • Depuis le Parking près du refuge de Mariailles (notre choix, mais attention la route est en très mauvais état pour les voitures, à vos risques et périls.): comptez environ un total de 8 heures aller/retour jusqu’au Canigou.
  • Depuis Prats-de-Mollo ou la Preste. Pour ces deux itinéraires, il faut prévoir 3 jours devant soi.

Il est possible de dormir au refuge de Mariailles pour 17€50 la nuit par adulte. Pour plus d’informations, direction le site internet du Refuge de Mariailles.

Il existe encore d’autres itinéraires comme par exemple le Tour Canigó qui passe par les deux refuges principaux, si vous souhaitez un bon condensé, n’hésitez pas à consulter le PDF du site d’Amélie-les-Bains.

Le Pic du Canigou par le Refuge de Mariailles (2 jours)

DifficileDurée:  8 heures | Distance: 16 km aller/retour | Dénivelé: 1066 mètres

Nous avons choisi de faire la randonnée sur deux jours en passant par le refuge de Mariailles. Nous sommes partis vers 14h30 en nous garant au parking le plus proche du refuge. Nous gagnons deux voir trois bonnes heures de marche, mais attention la route est en piteux état, ce n’est pas forcément le choix le plus judicieux. C’est parti pour la petite séance de kikis échauffements, l’heure de défier nos limites a sonné! Au Refuge de Mariailles, les panoramas sont déjà sublimes, le ton de la randonnée est donné, ça s’annonce époustouflant !

Tout le long du sentier, les décors défilent et nous rentrons dans différents univers. Parfois c’est lunaire, d’autre fois le paradis du papillon, on peut dire que le Canigou a le talent de nous épater. En pleine saison estivale, l’air est chaud, mais la flore est très diversifiée, ce qui colore joliment nos pensées. Bien que certaines portions semblent interminables, le dénivelé n’est pas aussi effrayant que je me l’imaginais, je m’attendais à bien pire. J’arrive étonnement à garder le rythme même si je fais quelques pauses barres de céréales.

Après 3 bonnes heures de marche et des bananes, nous atteignons la Cabane Arago, un petit refuge qui se trouve à 2h00 du sommet. Nous installons notre bivouac vers 18h30, dieu soit loué, j’ai une faim de marmottes ! Nous avions tout prévu pour se faire un bon apéro entre amis et de quoi reprendre des forces pour attaquer la journée de demain. Quand la nuit tombe sur notre campement, un ciel incroyable se dessine sous nos yeux. Des milliers d’étoiles se dévoilent une à une jusqu’à percevoir la voie lactée. Je peux vous dire que c’est un des plus beaux ciels que j’ai vu de ma vie. Je n’ai pas pu vous retranscrire ça en photo, mais je peux vous assurer que cette nuit m’a offert bien plus qu’une chambre 5 étoiles…

Au petit matin, on s’éveille au milieu d’un panorama digne d’un tableau de grands peintres. Un bonheur qui n’a pas de prix, mais Hop! Hop! Hop, ne traînons pas de la pantoufle et débutons la dernière partie de l’ascension. Nous voilà en route sur des sentiers aux 1001 zigzags, mais après une bonne nuit de sommeil, tout paraît beaucoup moins difficile. Bien au contraire, je suis reboostée.

Heureusement des pom-pom girls nous motivent, malgré les dénivelés qui s’enchaînent. Les paysages que l’on commence à percevoir sont éblouissants et ce n’est pas prêt de s’arrêter en si bon chemin, car nous approchons de la fameuse cheminée…

Croyez-le ou non, c’était mon passage FAVORI ! J’ai adoré la cheminée, d’ailleurs secrètement, j’aurais aimé que tout le sentier soit comme ça. Et pourtant Dieu sait que j’en avais fait tout un plat dans ma caboche. C’est pour cela que j’insiste bien, n’écoutez personne et faites votre propre petit bonhomme de chemin.

Arrivée au sommet du Canigou...
Ca y est, j’y suis ! J’ai même du mal à réaliser que j’ai enfin touché cette croix. Un moment vraiment exceptionnel. Plus personne ne pipe un mot et chacun savoure sa victoire en appréciant le moment présent. Y a toujours des gens (forcément en plein été, il y a du monde) qui arrive à passer des coups de téléphone et d’autres qui se posent pile poil à l’endroit où tu veux faire ta photo, mais c’est pas grave, c’est le jeu, ma pauvre lucette. Que voulez-vous, l’euphorie du sommet, c’est convivial et faut savoir parfois le partager…

L’heure du départ approche, il faut maintenant tout redescendre. À choisir je préférerais rester là-haut et attendre l’hélicoptère, malheureusement, ce genre de scénario ne se passe que dans mes rêves. Dans la réalité, il faut garder tout son courage, car la descente n’est pas de tout repos. Pour ma part, la dernière heure a été la plus éprouvante, autant physiquement que mentalement. Pendant les coups de mou, pensez à vous rappeler le chemin que vous avez déjà parcouru et ne lâchez jamais. Même si j’avais mal partout, même si la migraine était là, même si je ressemblais à un vieux croûton, je suis arrivée à bout du Canigou avec détermination !

Faire du camping au Canigou, c’est possible ?

Pour plus de confort, vous pouvez privilégier l’ascension sur deux jours comme nous. Vous faites la marche d’approche le premier jour et la fameuse ascension, le deuxième. Le camping sauvage est autorisé, mais sous certaines conditions :

  • Le bivouac est toléré à proximité des refuges. Nous avons dormi non loin de la cabane Arago. Un petit refuge souvent pris d’assaut surtout en période estivale.
  • Le campement doit être monté au coucher du soleil et démonté à son lever. Je vous conseille de démonter le matériel et de le ranger dans un coin pour que vous puissiez faire la dernière ascension plus légers.
  • Le feu est également autorisé sur les places prévues à cet effet. Si vous ne vous y connaissez pas en feu et que vous avez quelques appréhensions, évitez d’en faire un, c’est toujours plus judicieux pour la nature et pour vous.

Préservez et respectez la nature !

Faites comme nous, partez au Canigou avec votre poubelle. Ne laissez aucun déchet sur place et profitez en pour ramasser ceux que vous trouvez sur le chemin. Je tiens vraiment à véhiculer ce message, faire du camping et des pique-niques, c’est cool, mais c’est encore plus chouette quand on fait ça bien !

Les mots de la fin

Le Canigó est une expérience incroyable qui laisse des traces dans l’âme. Chaque ascension est unique, qu’elle soit en solo, entouré de sa famille ou entre amis, l’aventure est toujours au rendez-vous. Quand je suis rentrée je n’avais qu’une seule envie, me jeter dans le lit et à l’heure où je vous écris, je n’en ai plus qu’une, celle de remonter là-haut ! Ce n’est donc pas la dernière fois que j’irais au Canigou, bien au contraire, l’histoire ne fait que commencer…

Share: