Le Pic de Bugarach, une randonnée mystique

« Bugarach est un mystère qu’il faut vivre… »

À peine redescendue du Pic de Bugarach, que me voilà en train d’écrire ma belle aventure. Je ne sais pas si vous connaissez tout ce qui se trame ici, mais depuis des années, le village de Bugarach et sa montagne voluptueuse font l’objet de nombreuses histoires surnaturelles très (voir trop) souvent médiatisé. Mais, au-delà de ses plus étranges histoires, cette commune a bien plus à proposer. Un écrin de nature protégé et riche en surprises. Et c’est dans cette nature vertigineusement éblouissante que j’ai décidé de vous amener avec l’ascension du Pic de Bugarach, le point culminant des Corbières avec ses 1230 mètres. Pour ceux qui ne connaissent pas le département, les Corbières sont une région naturelle à cheval entre les Pyrénées-Orientales & l’Aude. Nous sommes donc précisément à une heure de route de Perpignan, non loin des Gorges de Galamus.

Le Pech de Bugarach et ses mystères

La légende du Pech de Bugarach ...

Une légende très ancienne existe sur le Pech de Bugarach qui met à l’honneur des fées et des lutins. Ces derniers se battaient continuellement contre les dragons et les serpents qui envahissaient la région. Quand je lis déjà ces premières lignes sur le site de Bugarach, je me crois dans un jeu vidéo. La fée Nore et les lutins Bug et Arach sont les héros de cette histoire et c’est de là que proviendrait le fameux nom de Bugarach. Cette fée et ses lutins étaient adulés de tous et surtout très jalousés par Cers, fils d’Éole, le père des vents et des tempêtes. Lors d’une tempête qui ravagea de nombreuses récoltes, la fée Nore décida d’implorer le grand dieu Jupiter pour faire calmer toute cette animosité. Jupiter très attendri par cette demande promit à la fée de calmer les colères de Cers, son petit-fils. Mais, Bug et Arach décidèrent eux aussi d’implorer Jupiter et ce dernier, en colère qu’on le dérange, transforma Bug et Arach en montagne (et Nore devient le Pic de Nore). Après cette mésaventure, le Roussillon et le plateau des Corbières ne craignaient plus les colères de Cers, le méchant vent de l’histoire.

Au delà de sa légende locale...

Le Pic de Bugarach fait l’objet depuis des années, de milliers de rumeurs et d’histoires loufoques souvent surréalistes. Des histoires d’extra-terrestres, des soucoupes volantes, des lumières étranges qui jaillissent de la montagne… Certains pensent même que le Pech serait un garage à Ovnis et d’autres, un des rares lieux de la terre où les hommes survivraient en cas de fin du monde. Tout et son contraire se chamaille ce mont jusqu’à faire tourner de l’œil notre imagination. La seule chose qui est certaine aujourd’hui, c’est que Bugarach reste une montagne de secrets jamais élucidés. Moi, j’ai plutôt envie de croire que ce lieu est tout simplement magique. Pas parce que j’y ai croisé des fées, mais plutôt, car le décor est enchanteur. Reliefs intrigants, panoramas à couper le souffle … La nature reste maître de ce lieu et il ne faut surtout pas louper ça. Oubliez un instant toutes ces confessions indéchiffrables et laissez votre esprit s’aérer de bonnes ondes.

Les différents sentiers

Avant de commencer, il faut savoir qu’il existe deux sentiers différents pour accéder au sommet du Bugarach :

  1. Une boucle de randonnée d’environ 7h00 part du village de Bugarach et passe par de nombreux points d’intérêts comme la cascade des Mathieux, le lac de la Venne et la fameuse fenêtre rocheuse. Le blog de Ludo sport aventure vous détaille cet itinéraire si besoin. C’est sûrement le sentier le plus intéressant, mais aussi le plus sportif. Il est déconseillé aux familles et aux randonneurs plutôt occasionnels.
  2. La seconde option pour rejoindre le Pech de Bugarach est d’emprunter un sentier de 3h30 aller/retour qui part du Col de Linas. Mieux vaut privilégier cet itinéraire si vous avez moins de temps devant vous et un niveau moins athlétique. Le chemin reste tout de même magnifique et sportif. Nous avons opté pour cette alternative.

Le Pech de Bugarach depuis le col de Linas

Temps : 3h30 aller/retour | Dénivelé : 563 mètres| Distance : 7 kilomètres | Niveau : Moyen

Télécharger le PDF de la randonnée sur Aude Tourisme avant de partir.

Une fois arrivés au col de Linas, un emplacement permet de garer sa voiture gratuitement. La randonnée commence tout droit au niveau de la barrière en bois, placé à coté du panneau informatif. Le sentier n’est pas indiqué par un panneau, mais un balisage jaune vous guidera du début à la fin. On prépare notre mental et nos mollets, c’est parti pour la grimpette ! Veillez à rester toujours sur le même chemin, vous finirez alors par longer une petite clôture. Quand vous allez commencer à passer sous les bois, faites attention, il faudra prendre un chemin sur votre gauche et ne surtout pas continuer tout droit. Le voilà en photo :

Vous rentrez alors dans une forêt enchanteresse où les cairns seront vos seuls guides. Ils vous mèneront à un gros caillou qui lui aussi est assez mystérieux. Prenez alors le chemin qui monte en face pour continuer votre ascension. On commence petit à petit à sortir de la forêt et nous apercevons les premiers reliefs sous nos yeux ébahis.

C’est à partir de ce moment, que l’on commence à en prendre plein la vue. Les panoramas se dévoilent et les reliefs ont le pouvoir de nous impressionner. En règle générale, le sentier est quand même très bien balisé et nous n’avons pas eu de soucis à suivre l’itinéraire. Plus nous prenons de la hauteur, plus nous apprécions ce moment hors du temps. Nous oublions alors toutes ces histoires et ses légendes qui planent au-dessus de nous. Tout s’envole pour laisser place à cette belle nature.

Vous allez arriver après une bonne montée, à ces roches aux allures de dolomites italiennes. Le sentier qui mène au sommet va à gauche, mais vous pouvez partir sur la droite en longeant ces reliefs excentriques. Au bout du sentier, vous trouverez mon lieu préféré…

« Le mystère crée l’émerveillement… »

Comme une impression d’avoir changé de planète et de me retrouver au sommet du monde. Nous faisons la rencontre de cette montagne chameau aux reliefs irrationnels dénués de toute logique. Deux bosses plus qu’intrigantes, qui font battre mon cœur d’aventurière. Dois-je repensais à cette légende ? Je suis peut-être en face des lutins Bug et Arach ? Nous ne le saurons sûrement jamais, alors revenez sur vos pas pour continuer l’ascension du Pic. C’est d’ailleurs à partir de là, qu’il faut garder tout son mental et ne pas lâcher même si le sommet se fait fortement désiré. Heureusement, les paysages défilent encore et encore et nous motivent.

Quand je touche enfin du doigt ce fameux pic de Bugarach, nous prenons conscience de ce moment magique que l’on est en train de vivre. Cet endroit a d’ailleurs inspiré le grand Steven Spielberg. Je peux facilement comprendre pourquoi, quand je vois ce décor surréaliste et cette vue de dingue. Un sommet imposant qui touche notre imagination.

Le retour se fait par le même itinéraire. Pensez à être bien chaussés car la descente est rude et caillouteuse.

LES MOTS DE LA FIN

Cette randonnée était tout simplement incroyable ! Les paysages varient selon l’endroit où vous vous trouvez et rendent le sentier encore plus magique qu’il ne l’est déjà ! Nous sommes bel et bien de retour de Bugarach, en chair et en os et aucune de nos affaires n’ont disparu au cas où que vous vous poseriez la question 😉

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