Visiter Bagan, le récit d’une incroyable aventure

« Il y a un rêve qui émane de chaque voyage… » 

LES POINTS ESSENTIELS

C’est en lisant le livre « Birmane » de Christophe Ono-dit-Bio que j’ai eu l’envie folle de vous raconter mon histoire avec la Birmanie. Cet article ne vous donnera pas de conseils sur comment visiter Bagan, du moins pas de manière formelle. Premièrement, car je n’ai suivi aucun guide et deuxièmement, car j’ai plutôt envie de vous raconter mon histoire, mon aventure. Une aventure, comme si nous buvions un café en terrasse. Un récit, qui j’espère, sera à la fois rebondissant et attachant, loin de ces textes aseptisés des sites aux grandes renommés. Juste une histoire, la mienne.

JOUR 1 – ARRIVÉE À BAGAN

Après 10 heures de bus nocturne, emmaillotée de 10 couches de vêtements pour ne pas laisser la clim s’infiltrer sur ma peau (oui, les birmans sont fans de clim), nous arrivons à destination, Bagan. Ce lieu fait partie des nombreuses raisons qui m’ont poussé à venir en Birmanie. Montgolfières sur fond de pagodes et levers de soleil, nous connaissons tous ce fameux décor, car c’est LA carte postale qu’on nous placarde sur tous les sites de voyage. Mais au-delà de ce côté idyllique, j’ai avant tout découvert un lieu typique qui a plus d’imagination que moi (et dieu sait que la mienne est déjà débordante). En effet, Bagan grouille d’énergies positives, de magie, de petits riens qui font tout et m’a contaminé de son insouciance, de son bonheur sans inquiétude.

L’heure est aux rêves qui s’éveillent…

Ce matin-là, le soleil était déjà levé, mais le ciel peignait encore de jolies couleurs pastel. Les taxis, armés d’une énergie débordante, se mettent en place pour commencer le combat de coqs. En effet, qui arrivera à nous accompagner en faisant sa journée sur un seul trajet ? Nous savions qu’il fallait sortir de cette gare routière pour ne pas se faire enfler, mais nous sommes malgré tout tombées dans la gueule du loups, telles des brebis égarées. Faute à nos cerveaux, un peu trop lents à la réflexion après ce trajet de nuit rocambolesque. Le vainqueur affichait un sourire triomphant et a pris un malin plaisir à nous conduire jusqu’à notre hôtel situé dans le Old Bagan.

La plaine de Bagan est séparée en trois territoires bien distincts. Vous avez le Old Bagan où se trouve les plus jolis hébergements, le New Bagan qui se classe parmi les hébergements milieu de gamme et pour finir, la ville Nyaung U, l’authentique. Par la fenêtre de ce vieux taxi, nous apercevons déjà à l’horizon les premières montgolfières qui s’envolent. Je savais à ce moment précis, que j’étais là où je devais être.

Nous arrivons dans notre petit palace, que l’on peut décrire comme étant un petit paradis sur terre. Le genre de lieu que je peux m’offrir seulement en Asie. L’endroit était absolument fabuleux, mais je ne me sentais pas à ma place. Heureusement, les Birmans nous accueillent chaleureusement et balaient toutes mes interrogations à coups de sourires bienveillants. C’est ça aussi la Birmanie, le lâcher prise.

Ils nous invitent à rejoindre le petit-déjeuner pour récupérer des forces. Nos visages pâles et fatigués ne sont pas passés inaperçus, mais commencent doucement à reprendre quelques couleurs. Une fois le brunch englouti, nous sautons sur nos scooters électriques. Avant de visiter Bagan, il faut savoir qu’à partir de 11 heures du matin, la vallée devient un grille-pain géant. En effet, ce n’est pas du tout agréable de s’y balader entre 11 heures et 16 heures. Il faut donc vivre au rythme des levers et couchers de soleil, sous peine de finir comme des gambas grillées. Il y a pire comme programme dans la vie que de vivre de soleil et de sieste, n’est-ce pas ?

Visiter Bagan, nos premières découvertes

J’allume Google Maps, notre allié du séjour grâce à une carte SIM que nous nous étions procurées à Yangon. Notre hôtel se trouvait à 10 minutes des premières pagodes. Nous prenons donc leur direction avec l’espoir que notre instinct nous mènera au cœur de nos plus jolis rêves.

Nous quittons la route principale (il n’y en a pas dix mille) afin d’emprunter un petit sentier de terre. Un chemin qui déboucha ensuite sur des milliers d’autres, tous ouvrant un large champ de possibilité. Chacun d’entre eux nous a procuré cette dose d’aventure que nous étions venues chercher.

Éparpillées sur plus de 40 km², ces deux mille pagodes se suivent, mais ne se ressemblent jamais. Elles sont d’ailleurs numérotées, mais croyez-moi, en chercher une est semblable à chercher une aiguille dans une motte de foin. J’ai eu beau lire des centaines d’articles avant de partir, j’ai vite compris, qu’une fois sur place, cela ne servait à rien. En effet, Bagan c’est bien plus qu’une pagode sur une carte. C’est une aventure humaine incroyable qui se découvre au rythme de ses envies et de son instinct.

Nul besoin de se tordre l’esprit à chercher une pagode plutôt qu’une autre, car il suffit tout simplement de suivre ses rêves, car ils connaissent le chemin. Il n’y a donc pas de buts à atteindre, ni de trophées à gagner. Visiter Bagan, c’est écrire sa propre aventure. Si tous les voyages se ressemblaient, la vie serait bien fade, vous ne trouvez pas ? Alors, croyez moi, votre curiosité vous mènera bien plus loin qu’un article de blog.

Visiter Bagan, un mélange d’espièglerie, d’insouciance et de gaieté…

Au fil des premières heures, les pagodes se révèlent toutes plus belles les unes que les autres. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, nous étions bluffées par ces architectures aux détails bruts et irréguliers. Ce n’était plus une chasse aux pagodes, mais plutôt une chasse aux trésors. Bien que nous voulions en découvrir d’avantage, la chaleur commençait à devenir écrasante et le retour à l’hôtel s’imposait. Allongée dans mon petit lit douillet, mon esprit rêve déjà du coucher de soleil qui nous attend.

Le premier coucher de soleil, un souvenir impérissable

Excités comme des chats au salon de la croquette, nous étions prêtes à dévorer chaque minute que Bagan avait à nous offrir. Dans la même dynamique que ce matin, nous partons au feeling, tout droit vers un premier spot se révélant être remarquable. Le lieu parfait où les pagodes se transformait en or quand le soleil décidait de les effleurer de sa lumière électrisante. Toute la diversité et toute la beauté de Bagan se composaient d’ombres et de lumières.

Au vu de l’interdiction de monter sur 90% des pagodes, nous choisissions de respecter les lieux en zonant autour d’un petit secteur. Et croyez-moi le spectacle était plus qu’incroyable. Pour information, il existe des petites collines où l’on peut admirer le coucher de soleil sur la plaine, mais sachez qu’elles sont bondées de touristes (ils viennent par bus de 50 personnes). Personnellement, nous avons préféré fuir ces « spots instagrammables » afin de visiter Bagan différemment. Plus le soleil descend, plus j’ai l’impression de me retrouver dans la savane. Je ne serais presque pas étonnée de croiser quelques girafes.

Quand le soleil nous quitta une bonne fois pour toutes, nous partons à Nyaung U pour finir cette journée sur une note de convivialité. Direction l’une des avenues les plus connues, appelées « Thi Ri Pyitsaya 4st ». Une valeur sûre où vous trouverez la plupart des restaurants de la ville, avec en prime une ambiance plus que chaleureuse. Pour cette première soirée entre filles, nous avons opté pour la pizzeria « la Terraza » tenue par des Français que je vous recommande les yeux fermés.

À Bagan, il fait très chaud la journée, mais une fois que le soleil se couche, la fraîcheur revient et file quelques petits frissons d’émotions. Ventres bien remplis, nous repartons sur nos scooters, équipées de nos frontales telles des exploratrices nocturnes.

Ce soir-là, je me suis couchée avec cette magie qui pétillait dans mon esprit en sachant que j’allais me réveiller avec cette même effervescence.

JOUR 2 – VISITER BAGAN AU RYTHME DES LEVERS ET COUCHERS DE SOLEIL

« Winnie. Quel jour sommes nous ? – On est Aujourd’hui – Ha, tant mieux c’est mon jour préféré ! »

Winnie l’Ourson

Quatre heures du matin, le réveil sonne, c’est l’heure de partir à la recherche du spot parfait. Mais qu’est-ce qu’on entend par spot parfait ? Et bien, celui qui nous permettra de profiter d’un magnifique lever de soleil sans être agglutiné comme des abeilles autour d’une ruche. Pour cela deux solutions. Soit vous cherchez en amont LE lieu parfait qui peut s’avérer introuvable, soit vous faites confiance aux birmans du coin, qui prennent plaisir à vous accompagner en échange de quelques billets. Cette option est toujours bonne à garder sous le coude.

Un lever de soleil sur la plaine de Bagan

L’air est frais, et je suis habillée comme si je m’envolais au pôle Nord. Le froid glace mes joues, mais l’euphorie de cette nouvelle aventure elle, réchauffe chaque parcelle de mon corps. Nous prenons un sentier repéré sur Google Maps afin de nous immiscer tant bien que mal dans la vallée. J’avais en tête le coin parfait, mais autant vous dire que la réalité était toute autre.

En effet, le labyrinthe de pagodes a eu raison de nous en nous amenant face à des tonnes de bus exaspérants. Comment est-il possible que des bus aient encore le droit de circuler sur ces sentiers de terre ? Des scooters électriques, des tuk-tuks, ok, mais j’ai du mal à concevoir ces troupeaux de bus qui engendrent un sacré capharnaüm polluant.

Ni une, ni deux, nous décidons de faire demi-tour pour quitter ce bain de foule. Nous tournons en rond avec cette fâcheuse impression que le temps était en train de nous jouer des tours. Heureusement, un jeune Birman vient à notre rescousse et nous sautons sur cette opportunité. Tel un Messie, nous le suivons à travers des sentiers broussailleux aux nombreux dos d’âne. Nous débouchons alors, en plein cœur de Bagan, dans un lieu comme je me l’imaginais. Un désert authentique où nous sommes enfin seuls au monde. Ne me demandez pas où c’était, je serais absolument incapable de vous le dire.

Quand le rêve devient réalité…

Notre acolyte nous confirme qu’il n’est plus possible de monter sur la plupart des pagodes, mais qu’ils restent encore 10% d’entre elles qui sont accessibles. Ce premier spot nous offre un magnifique spectacle sans avoir besoin de monter sur les hauteurs. L’heure est au lâcher de ballons, à l’instant présent et à l’extraordinaire. Un paysage qui apporte des ailes à nos pensées.

Une fois qu’elles se sont envolées et passées au-dessus nos têtes, il nous accompagne en direction de deux autres spots où nous profitons cette fois-ci du lever de soleil. Le dernier spot est une ruine où nous avons le droit de crapahuter dessus. Mes copines, ayant le vertige, n’ont pas sauté le pas, mais j’y suis quand même montée pieds nus pour prendre quelques clichés.

Notre petit birman âgé de 17 ans, est super heureux de partager ce moment avec nous et prend même plaisir à nous faire des milliards de photos. Nous immortalisons ce moment à coups de selfies. Il nous confie que faire visiter Bagan, c’est son gagne-pain et que cela lui permet de continuer ses études. Nous avons clairement passé un moment formidable à ses côtés au point même de lui demander si il était disponible demain matin pour une seconde visite. Malheureusement, il ne pouvait pas se libérer de ses obligations. Notre matinée s’achève ici et nous le quittons nostalgique en prenant la direction de l’hôtel. Nous profitons de notre petit-déjeuner et d’une bonne sieste avant d’assister au coucher du soleil.

Coucher de soleil, acte 2

Ce dernier coucher de soleil fut sûrement l’un des plus beaux du séjour. Il était synonyme de rencontres, de convivialité et de petits plaisirs simples. Ce soir-là, Bagan m’a hypnotisé. Pendant un instant, le paysage prenait une autre dimension et écartait ce monde ordinaire pour laisser place à l’émerveillement. C’est dans ces moments-là, que le voyage s’enrichit de ce que nous recevons.

Pour finir cette douce soirée, nous prenons la direction de Nyaung U pour nous imprégner une dernière fois de cette atmosphère birmane. Plats indiens et convivialité au programme, nous rentrons toutes pimpantes de cette journée qui se termine sur les chapeaux de roue. 

JOUR 3 – QUAND LA NOSTALGIE S’EMPARE DE BAGAN

Le réveil est nostalgique, nous quittons nos draps sans nous laisser envahir par nos émotions. De bonheur et de bonnes humeurs, nous sortons couvertes, enfilons notre frontale et repartons pour une nouvelle fournée de montgolfières. Cette fois-ci, nous prenons un itinéraire totalement différent pour changer de tactique. Tactique qui s’est avérée inefficace une fois de plus. Nous tombons alors, sur un nouveau birman qui s’empresse de venir nous aider. Il nous explique qu’il connaît un spot incontournable et que nous ne le regretterons pas. Que cela ne tienne, on te suit ! Une fois devant  la pagode tant attendue, il nous quitte immédiatement. Beaucoup moins convivial que notre chouchou d’avant hier et petit hic supplémentaire, nous ne sommes pas toutes seules. En effet, une dizaine de personnes étaient déjà en poste, elles aussi, prêtes à immortaliser le moment.

Nous sommes forcément moins enjouées que la veille, mais heureusement, quand les montgolfières s’élèvent à travers le ciel, Bagan dessine des sourires sur nos visages et nous fait oublier ces petits désagréments.

Nous profitons du moment, car nous savions que c’était le dernier. Assis sur ce bout de ruine, le constat est là, Bagan va me manquer et me manque encore aujourd’hui à l’heure où je vous écris. Son insouciance, ces lumières de l’aube et ces ombres du soir.

Les derniers instants de vie

Nous rentrons à notre hôtel avec des souvenirs plein la tête. Sur la route, je croise ces petits agriculteurs aux chars remplis d’oignons. La route en était farcie et j’avais l’impression d’être tombée dans un bain d’oignons avec en prime, la mauvaise haleine. Je croise aussi ces birmans qui partent travailler et ses femmes avec leur panier sur la tête ramassant leur récolte. Je profite de ces derniers instants de vie qui vont tant me manquer une fois de retour en France.

Visiter Bagan, c’est vivre une aventure hors du commun. Il faut la vivre pleinement, loin des foules, loin de tout. J’espère avoir réussi à travers cet article à vous transmettre cette poésie et cette humanité qui se dégage de Bagan. Il y a vraiment ce petit quelque chose qui entre sagesse et folie parfume notre âme de magie.

VISITER BAGAN, LES 10 CHOSES À RETENIR

  1. Équipez-vous de vêtements chauds, car le soir, l’air est frais.
  2. Le scooter électrique est le meilleur moyen pour visiter Bagan. Vous pouvez aussi louer des vélos, mais les chemins parfois sableux peuvent s’avérer difficiles. Les scooters sont très faciles à conduire. Je n’en avais jamais conduit auparavant et je m’en suis très bien sortie. Le lieu est parfait pour apprendre.
  3. Munissez-vous d’une frontale, elle vous sera utile tôt le matin, mais aussi le soir pour rentrer.
  4. Bagan se visite principalement au lever et coucher du soleil. En journée, la chaleur est étouffante et vous ne prendrez aucun plaisir.
  5. Avant d’arriver à Bagan, pensez à acheter une carte sim 3G pour vous aider à vous repérer. 
  6. Si vous arrivez tout comme nous à la gare routière, marchez un peu et prenez des taxis qui se situent à la sortie, le tarif ne sera pas le même.
  7. Comment trouver le spot parfait pour les levers et couchers de soleil à Bagan ? Deux solutions. Soit vous cherchez le lieu parfait vous-même, soit vous faites confiance aux birmans du coin, qui prennent plaisir à vous accompagner en échange de quelques billets.
  8. Où loger à Bagan ? Si vous cherchez un hôtel paradisiaque, tournez vous vers le Old Bagan, sinon choisissez plutôt le New Bagan ou Nyaung U.
  9. Les montgolfières peuvent ne pas s’envoler tous les jours, car c’est une activité soumise aux conditions météorologiques. Afin de mettre toutes les chances de votre côté, il est important de venir sur plusieurs jours.
  10. Évitez les collines pour observer les levers et couchers de soleil, elles sont souvent farcies de monde.

Pas si vite ! Les découvertes continuent en direction de Yangon, une étape incontournable du Myanmar.